Le contraste est brutal, presque humiliant pour une nation autrefois considérée comme l’une des portes historiques de la Caraïbe. Ce vendredi 15 mai 2026, les autorités de la République dominicaine ont annoncé que plus de 19 000 vols ont été enregistrés dans les différents aéroports du pays pour le seul mois d’avril 2026, avec plus de 1,8 million de touristes accueillis sur le territoire dominicain.
Pendant que le tourisme explose chez le voisin dominicain, générant devises, emplois, investissements et stabilité économique, Haïti, elle, continue de sombrer dans un effondrement vertigineux où l’insécurité, l’instabilité politique et la paralysie des infrastructures détruisent méthodiquement les derniers piliers de l’économie nationale.
Le tourisme constitue pourtant l’un des moteurs économiques les plus puissants au monde. Dans plusieurs pays caribéens, ce secteur finance des milliers d’emplois, stimule l’hôtellerie, les transports, la restauration, l’artisanat et attire des investissements étrangers massifs. Mais en Haïti, ce potentiel semble avoir été sacrifié sur l’autel du chaos et des intérêts obscurs.
Depuis des mois, l’aéroport international Toussaint-Louverture fonctionne dans un climat d’extrême fragilité, marqué par les violences armées, les menaces sécuritaires et la réduction drastique des liaisons aériennes internationales. Plusieurs compagnies étrangères ont suspendu ou limité leurs opérations vers Port-au-Prince, aggravant davantage l’isolement du pays.
Dans ce contexte explosif, de nombreuses critiques visent également le rôle grandissant de la compagnie Sunrise Airways de l’homme d’affaires Philippe Bayard. Certains observateurs accusent l’entreprise de consolider progressivement une position dominante dans le ciel haïtien pendant que les autres compagnies réduisent ou abandonnent leurs dessertes vers Haïti.
Des voix critiques vont encore plus loin en dénonçant un climat opaque autour de la crise sécuritaire ayant conduit à la paralysie répétée de l’aéroport Toussaint-Louverture. Dans certains milieux, des soupçons et interrogations persistent sur les intérêts économiques qui pourraient indirectement profiter du retrait progressif de plusieurs acteurs internationaux du secteur aérien haïtien.
Pendant ce temps, l’économie haïtienne continue de s’effondrer. Le pays perd des millions de dollars en recettes touristiques, des hôtels ferment ou survivent difficilement, les investisseurs fuient et l’image d’Haïti à l’international s’enfonce davantage dans la peur et l’instabilité.
À quelques centaines de kilomètres seulement, la République dominicaine récolte les fruits d’une politique agressive de promotion touristique, d’investissements massifs dans ses infrastructures aéroportuaires et d’un minimum de stabilité sécuritaire. Deux pays partageant une même île, mais désormais séparés par un gouffre économique et institutionnel de plus en plus vertigineux.
