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Révision du décret électoral : des voix s’élèvent contre une possible mainmise de l’exécutif sur le CEP


Port-au-Prince, 24 mai 2026.- De nouvelles dispositions contenues dans le projet de décret électoral révisé suscitent déjà de vives réactions au sein de la classe politique haïtienne. Selon des informations relayées par metronomehaiti.com, le gouvernement de facto aurait introduit plusieurs modifications majeures touchant directement le fonctionnement du Conseil Électoral Provisoire (CEP) ainsi que les conditions d’éligibilité aux prochaines élections.


Parmi les changements les plus commentés figure la modification de l’article 16 du décret électoral. Le texte remplacerait le poste de directeur exécutif du CEP par celui de directeur général, lequel serait désormais nommé en Conseil des ministres. Toutefois, le document ne précise pas quelle instance proposerait ce directeur général au CEP, une omission qui alimente les inquiétudes quant à l’indépendance de l’institution électorale.


Plusieurs observateurs estiment que cette disposition pourrait ouvrir la voie à des conflits entre le CEP, les partis politiques et le pouvoir exécutif. Selon l’organigramme traditionnel du Conseil électoral, le directeur exécutif devait être désigné par le CEP lui-même afin de préserver son autonomie administrative et institutionnelle.


Le document révélé prévoit également un durcissement des critères de participation aux élections. Toute personne faisant l’objet de poursuites judiciaires, d’enquêtes pénales ou administratives, ou encore visée par un avis de recherche national ou international, ne pourrait pas être candidate aux prochaines joutes électorales.


Cette mesure est saluée par certains secteurs qui y voient une tentative d’assainissement de la vie publique et d’exclusion des individus impliqués dans des affaires judiciaires. D’autres voix, cependant, redoutent une instrumentalisation politique de la justice pouvant servir à écarter des adversaires du processus électoral.


Des figures politiques ont déjà exprimé leurs préoccupations face à ces nouvelles orientations. André Michel et Claude Joseph estiment que ces modifications fragilisent davantage le processus électoral. Selon eux, l’exécutif chercherait à monopoliser le Conseil Électoral Provisoire en renforçant son contrôle sur les mécanismes de nomination et de gestion interne du CEP.


Alors que le pays attend toujours l’organisation d’élections crédibles et inclusives, ces nouvelles dispositions risquent d’alimenter davantage les tensions politiques autour de la gouvernance électorale et de la confiance envers les institutions chargées du scrutin.

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