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Affaire Jovenel Moïse : entre la justification de Me Guerby Blaise et la charge de la Radio Télé Émancipation contre le CSPJ

La remise aux autorités américaines de dix-huit inculpés dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse continue de susciter des réactions.

Deux prises de position retiennent particulièrement l’attention : celle de Me Guerby Blaise et celle de Radio-Télé Émancipation.

Dans une publication sur sa page Facebook, Me Guerby Blaise soutient que la demande d’extradition formulée par les États-Unis relève de la coopération internationale classique en matière de justice. Selon lui, une telle démarche n’a rien d’anormal et correspond à des mécanismes de coopération judiciaire pratiqués entre les États, notamment dans les grandes démocraties. Il replace ainsi l’extradition dans le cadre ordinaire des relations judiciaires internationales.

Radio-Télé Émancipation concentre, pour sa part, sa critique sur la réaction du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Le média dénonce le silence de l’institution pendant près de 72 heures après la remise des inculpés aux autorités américaines.

Mais au-delà du délai, Émancipation dénonce également la manière dont cette réaction a été formulée. La note du CSPJ, datée du 22 septembre, n’est pas directement signée par un responsable identifié et est diffusée par son service de communication. Pour le média, cette manière de procéder traduit une réaction tardive, impersonnelle et insuffisamment assumée d’une institution pourtant chargée de défendre le pouvoir judiciaire.

Entre la justification de la coopération judiciaire internationale avancée par Me Guerby Blaise et la critique d’Émancipation contre la réaction du CSPJ, l’affaire soulève ainsi une question institutionnelle majeure : où se trouve la responsabilité du pouvoir judiciaire lorsque la justice haïtienne traverse une telle controverse ?

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