Port-au-Prince, 21 septembre 2026
L’extradition de Joseph Félix Badio et de dix-sept ressortissants colombiens vers les États-Unis continue de susciter des interrogations sur le plan juridique. Les personnes concernées ont été transférées vers les États-Unis le dimanche 20 septembre 2026, à la demande des autorités américaines. Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique affirme que cette remise s’inscrit dans les mécanismes d’extradition prévus entre Haïti et les États-Unis.
Invité ce lundi à l’émission « L’Invité du jour », animée par Marie-Lucie Bonhomme sur Radio Vision 2000, Me Guerby Blaise a apporté une lecture juridique de cette décision.
Selon l’analyse développée par l’avocat, le principe de l’extradition est juridiquement admissible, tant au regard du droit international que du droit interne haïtien. Il se réfère notamment à l’article 276-2 de la Constitution, selon lequel les traités et accords internationaux régulièrement approuvés et ratifiés deviennent partie intégrante de la législation haïtienne et prévalent sur les lois qui leur sont contraires.
Toutefois, Me Blaise distingue le fondement juridique de l’extradition de la régularité de la procédure suivie pour procéder à la remise des personnes concernées.
C’est précisément sur ce second aspect que portent ses réserves. L’avocat s’interroge sur le respect des formalités et des exigences juridiques applicables à la procédure de remise.
Ainsi, son intervention ne remet pas nécessairement en cause le principe de l’extradition, mais pose une question de droit essentielle : les autorités haïtiennes ont-elles respecté l’ensemble des formalités requises avant de procéder à cette remise ?
Cette distinction entre légalité du principe et régularité de la procédure constitue le point central de l’analyse présentée par Me Guerby Blaise.
