Port-au-Prince 27 septembre 2026
À l’approche d’un nouvel exercice fiscal, la question du renouvellement de la présidence de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) se pose avec insistance.
Après trois mandats consécutifs à la tête de l’institution, Rogavil Boïsguéné est au centre d’un débat qui dépasse sa personne : il concerne la confiance accordée à un organe constitutionnel chargé de contrôler la gestion des ressources publiques.La Cour doit incarner la rigueur, l’impartialité et l’intégrité. Or, les soupçons de corruption, de trafic d’influence, d’enrichissement illicite, d’exigence de pots-de-vin et de gestion partisane évoqués à l’encontre de son président fragilisent cette mission.
Ces accusations risquent d’altérer la perception de son indépendance et de son autorité.D’autres allégations, notamment sur la création présumée d’une structure politique liée à son entourage et l’utilisation éventuelle de ressources destinées à l’assistance sociale, renforcent les interrogations sur la séparation entre responsabilités publiques et intérêts partisans.
Dans ce contexte, un changement à la présidence pourrait contribuer à restaurer la confiance et à préserver le caractère noble de cette juridiction. L’alternance ne constituerait pas une condamnation, mais une mesure de prudence, conforme aux exigences de transparence et de responsabilité.
Le choix des conseillers sera donc déterminant. En privilégiant le renouvellement, ils pourraient réaffirmer l’indépendance de l’organe de contrôle et protéger son prestige. Faut-il ouvrir une nouvelle page ou reconduire Rogavil Boïsguéné pour un quatrième mandat ?
