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Haïti ne peut pas continuer à jouer chez les autres, éditorial par Amos RENEUS

Port-au-Prince 3 Octobre 2026

La République dominicaine a décidé de ne plus permettre à la sélection haïtienne de football de disputer sur son territoire les matchs qu’elle est censée recevoir à domicile. Cette décision intervient après la victoire 4-1 de la sélection haïtienne face à la République dominicaine, le 1er octobre 2026.
Au-delà du résultat sportif, cette situation doit nous interpeller profondément.

Haïti et la République dominicaine partagent une même île, mais Haïti est un État indépendant et souverain. Notre sélection nationale devrait pouvoir recevoir ses adversaires sur son propre territoire, dans ses propres infrastructures et devant son propre peuple.

Il est vrai que l’insécurité persistante ne permet pas actuellement à Haïti de satisfaire aux conditions imposées par la FIFA pour accueillir certaines rencontres, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Mais depuis quand avons-nous accepté que cette réalité devienne une fatalité ?
Et surtout, que font les autorités pour les autres villes du pays ? Qu’en est-il du Cap-Haïtien, des Cayes et des autres espaces susceptibles d’accueillir des compétitions internationales dans des conditions sécuritaires adéquates ?

Le problème dépasse donc largement le football. Il touche à l’autorité de l’État, à notre souveraineté, à notre capacité institutionnelle et à notre image internationale.

Nous devons cesser de nous contenter de célébrer notre grande histoire sans chercher à construire une nation à la hauteur de cette histoire. Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion et Henri Christophe ne se sont pas battus pour que leurs descendants soient condamnés à chercher ailleurs les conditions minimales pour exercer leurs droits et affirmer leur souveraineté.

Il est également fascinant de constater que certains Haïtiens continuent de croire que les puissances étrangères, auxquelles nous attribuons souvent une part importante de nos malheurs historiques, viendront seules nous sortir de cette situation catastrophique.

Il est tard, mais il n’est pas trop tard.

Haïti doit restaurer l’autorité de l’État, combattre l’impunité, s’attaquer à la corruption et reconstruire une véritable identité nationale. Nous devons offrir au monde d’autres images d’Haïti : des images sociales, politiques, économiques, sportives et diplomatiques dignes d’une nation libre.

Nous appelons solennellement tous les Haïtiens, particulièrement la jeunesse, à s’engager pour placer Haïti à un niveau proportionnel à son histoire.

Nous en avons assez. Haïti doit pouvoir jouer chez elle. Haïti doit pouvoir vivre chez elle. Haïti doit pouvoir se relever chez elle.

Par Amos RENEUS, INFOS QU’IL FAUT

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