L’inauguration des pôles judiciaires spécialisés en Haïti constitue une étape importante dans le renforcement du système judiciaire national.
Cette initiative, accueillie favorablement par plusieurs acteurs du secteur juridique et politique, vise notamment à améliorer le traitement des dossiers complexes liés à la corruption, au crime organisé et aux grandes infractions financières.
Cependant, cette avancée institutionnelle suscite également des réserves au sein de la classe politique et juridique. L’avocat et homme politique André Michel estime que cette réforme risque de perdre son efficacité si le décret du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) relatif au fonctionnement de la Haute Cour de Justice n’est pas rapporté.
Selon Me André Michel, ce décret garantirait une forme d’impunité aux plus hauts dirigeants de l’État en limitant les mécanismes de poursuite et de contrôle judiciaire. Il affirme que le maintien de ce texte pourrait compromettre les objectifs de transparence et de justice que prétendent incarner les nouveaux pôles judiciaires spécialisés.
L’homme politique critique également le refus du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de revenir sur ce décret, estimant que cette position alimente les interrogations autour de la gouvernance actuelle. Il appelle ainsi le gouvernement à prendre des mesures correctives afin de renforcer la crédibilité des nouvelles structures judiciaires.
Pour Me André Michel, l’installation des pôles judiciaires spécialisés ne pourra pleinement atteindre ses objectifs que si les autorités garantissent une justice équitable, indépendante et applicable à tous, y compris aux plus hauts responsables de l’État.
Cette prise de position relance le débat sur la lutte contre l’impunité en Haïti et sur la nécessité de consolider l’État de droit à travers des réformes judiciaires cohérentes et crédibles.
