Port-au-Prince, 13 septembre 2026.
Le décret électoral continue de susciter de vives critiques alors qu’une nouvelle modification du texte se profile. Cette énième reprise du document soulève de sérieuses interrogations sur la capacité du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à élaborer un cadre électoral cohérent, stable et suffisamment conforme aux exigences du processus électoral.
Dans une publication diffusée le 12 septembre, Radio Télé Métronome rappelle que le Conseil électoral provisoire (CEP) avait déjà alerté la Primature, le 2 juin, sur plusieurs problèmes contenus dans le projet de décret. Selon la station, le CEP avait prévenu que le texte, dans sa forme initiale, pouvait même rendre impossible l’organisation des élections. Malgré cet avertissement, le gouvernement avait choisi de publier le décret.
Des modifications ont ensuite été apportées le 2 juillet, mais plusieurs dispositions controversées sont demeurées dans le texte.
Métronome avait alors prévenu, dans un éditorial publié le 3 juillet, que même remanié, le décret continuerait de poser problème si les articles contestés restaient en vigueur.
Ces critiques n’étaient d’ailleurs pas isolées. Me Geurby Blaise, juriste, a insisté à plusieurs reprises sur les irrégularités qu’il dit avoir relevées dans le décret, allant jusqu’à demander publiquement sa réécriture. Me André Michel, du SDP, a également dénoncé avec fermeté plusieurs dispositions du texte. Le maire Wilson Jeudy a, lui aussi, exprimé des réserves sur certains articles.
Plus significatif encore, des critiques sont venues de secteurs considérés comme proches du pouvoir. Me Camille Leblanc, membre de la plateforme politique Viktwa, structure fondée par des alliés du gouvernement et présentée comme proche de l’Exécutif, a également exprimé des réserves sur le décret.
Cette nouvelle modification donne ainsi davantage de poids aux critiques formulées depuis la publication du texte. Elle révèle surtout les difficultés du gouvernement à produire, dès le départ, un décret électoral juridiquement solide et politiquement acceptable.
Après plusieurs corrections en quelques mois, la question dépasse désormais les simples imperfections rédactionnelles : elle concerne directement la crédibilité de l’Exécutif et sa capacité à conduire un processus électoral dans un climat de confiance.
À force de publier, corriger, remanier puis envisager de nouveau une modification du même texte, le gouvernement Fils-Aimé donne l’impression de naviguer à vue. Or, un processus électoral sérieux ne peut reposer sur un décret constamment soumis aux réparations et aux contestations.
Amos RENEUS, INFOS QU’IL FAUT
