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Haïti : faut-il attendre un drame pour passer à l’offensive contre les gangs ?

Le droit à la vie est sacré. Aucune circonstance ne saurait justifier que l’on se réjouisse de la mort d’un être humain, quelle que soit son identité.

C’est dans cet esprit que nous partageons la douleur des familles des quatre soldats salvadoriens portés disparus après l’attaque survenue à Croix-des-Bouquets. Cependant, cette tragédie soulève une question fondamentale : fallait-il attendre la disparition de ces soldats pour intensifier les opérations contre les gangs armés ?

Depuis des mois, Haïti est le théâtre de massacres particulièrement odieux, notamment à Kenscoff, où des dizaines de personnes ont été tuées en août dernier. Des familles ont été décimées, des maisons incendiées et des populations contraintes de fuir. Pourtant, malgré la gravité de ces crimes, les opérations d’envergure visant à neutraliser durablement les groupes criminels ont souvent été jugées insuffisantes par rapport à l’ampleur du drame.

Aujourd’hui, la disparition de soldats semble provoquer une mobilisation plus intense dans la zone concernée. Ce constat est préoccupant. La vie d’un soldat aurait-elle plus de poids que celle d’un citoyen haïtien victime des gangs ?

La mission des forces de sécurité ne devrait pas se limiter à réagir aux attaques criminelles, mais consister également à prendre l’initiative pour démanteler les réseaux armés et protéger la population. La défensive ne peut constituer une stratégie durable face à des gangs qui imposent leur loi sur le territoire national.

Nous appelons donc la Force de répression des gangs à transformer cette opération en une offensive durable, coordonnée et étendue à toutes les zones contrôlées par les criminels.

La population haïtienne mérite la même détermination que celle aujourd’hui affichée après la disparition de ces soldats.Chaque vie compte. Il est temps de le démontrer par des actes, et non seulement après chaque tragédie.

AMOS RENEUS, INFOS QU’IL FAUT.

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