L’attaque contre un véhicule blindé transportant des militaires salvadoriens, dimanche 18 octobre, à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, relance les interrogations sur l’efficacité de la Force de répression des gangs (FRG). Quatre soldats sont portés disparus après l’embuscade menée par des groupes criminels lourdement armés.
La FRG a confirmé l’incident et fait état d’un échange de tirs avec les assaillants. Les recherches se poursuivent dans une zone où l’insécurité complique les opérations. Aucune confirmation officielle du décès des militaires n’était disponible au moment de la rédaction.
Cette attaque soulève de nouvelles questions sur le rôle et les résultats de cette force internationale. Depuis son déploiement, la population haïtienne attend des opérations capables de démanteler les bastions des gangs et de permettre aux habitants de reprendre leurs quartiers. Pourtant, selon de nombreux observateurs, aucune offensive majeure n’a encore été lancée contre les groupes armés.
Les commentaires publiés sur les réseaux sociaux traduisent cette frustration. Une partie de la population ne se dit pas indignée par l’embuscade contre les soldats. Au contraire, certains estiment que cet événement devrait pousser les forces de l’ordre à agir enfin de manière décisive pour éradiquer les gangs dans le pays. Dans ces mêmes commentaires, la Force de répression des gangs est parfois surnommée la « force de libération des gangs », tandis que ses soldats sont qualifiés de « touristes ». Des habitants affirment ainsi qu’il ne s’agit pas de véritables soldats venus démanteler les gangs, mais de simples touristes. Cette réaction révèle le fossé entre les attentes des citoyens et les résultats visibles de la FRG.
L’incident de Santo rappelle toutefois les risques auxquels sont exposés les militaires dans un environnement dominé par des groupes lourdement armés. Il impose aussi un examen des conditions de sécurité, du renseignement et de la stratégie opérationnelle de la force.
La FRG ne peut se limiter à réagir aux attaques. Elle doit protéger ses personnels, anticiper les menaces et conduire des opérations conformes à son mandat. Haïti n’a pas seulement besoin d’une force présente sur son territoire, mais d’une stratégie produisant des résultats mesurables. L’embuscade de Santo constitue ainsi un avertissement et une exigence : passer de la présence à l’action.
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