Le gouvernement haïtien a annoncé une nouvelle baisse des prix des produits pétroliers, fixant désormais la gazoline à 650 gourdes, le gasoil à 700 gourdes et le kérosène à 690 gourdes.
Bien que cette décision puisse être accueillie favorablement par certains consommateurs, elle soulève de sérieuses interrogations quant à la politique de fixation des prix du carburant en Haïti. Avant l’escalade des tensions au Moyen-Orient et les affrontements impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis, la gazoline se vendait sur le marché local entre 550 et 560 gourdes.
Lorsque les cours du pétrole ont augmenté sur le marché international, les autorités haïtiennes n’ont pas tardé à répercuter cette hausse sur les consommateurs. En peu de temps, le prix de la gazoline est passé à environ 750 gourdes le gallon.
À l’époque, le gouvernement justifiait cette décision par la nécessité de s’adapter aux réalités du marché mondial. La population, malgré ses difficultés économiques, a dû accepter cette augmentation importante qui a eu des conséquences directes sur le coût du transport, des produits alimentaires et sur le coût de la vie en général.
Cependant, lorsque les tensions internationales se sont apaisées et que les prix du pétrole ont commencé à reculer sur le marché mondial, la réaction des autorités a été beaucoup plus prudente. Les baisses annoncées se sont limitées à quelques dizaines de gourdes à la fois.
Aujourd’hui, malgré plusieurs réductions successives, la gazoline reste fixée à 650 gourdes, soit encore près de 100 gourdes de plus que le prix pratiqué avant la flambée des prix.
Cette situation amène une question que se posent de nombreux citoyens : pourquoi les augmentations sont-elles appliquées rapidement et dans leur totalité lorsque les prix montent, alors que les diminutions sont accordées progressivement et de manière limitée lorsque les prix baissent ?
Le principe devrait être le même dans les deux cas. Si les fluctuations du marché international servent de justification aux hausses, elles devraient également justifier des réductions plus substantielles lorsque les conditions deviennent favorables.
Or, les consommateurs ont l’impression que les sacrifices sont exigés immédiatement, tandis que les bénéfices des améliorations économiques tardent à leur être restitués. La récente baisse constitue certes un allégement, mais elle ne représente pas encore un retour à la situation antérieure.
C’est pourquoi de nombreuses voix s’élèvent pour demander plus de transparence dans le calcul des prix des produits pétroliers et une politique plus équitable envers les citoyens.Le peuple haïtien ne conteste pas les réalités du marché international.
Il demande simplement que les mêmes règles s’appliquent dans les deux sens : lorsque les prix augmentent, le gouvernement agit rapidement; lorsqu’ils diminuent, la population doit pouvoir bénéficier de cette baisse avec la même rapidité et la même équité.
C’est une question de justice économique, de cohérence dans l’action publique et de respect envers les consommateurs.
